La Ville-close

Difficile de résister à ce joyau qu’est la ville-close, enchâssée dans ses fortifications au cœur de Concarneau et d’une des plus belles baies de Bretagne. Pourtant, en vous évadant de ses chemins de ronde et de ses ruelles, d’autres charmes se dévoilent, dans son port de pêche ou sur ses plages.

À l’époque du Haut Moyen Âge, l’îlot rocheux de Conq, actuelle Ville close, dépendait alors de la paroisse de Beuzec. Vers le Xème siècle, un prieuré est établi par les moines de l’abbaye de Landévennec sur la base de quelques maisons déjà présentes sur la partie haute de l’îlot. Les traces d’une tour du XIII ème siècle et un mur du XIV ème siècle retrouvés près de la Tour du Fer à Cheval confirment l’existence d’une enceinte médiévale. C’est probablement le duc Jean II de Bretagne qui a fait construire cette première enceinte en pierre entourant l’îlot vers 1285. À cette époque, une communauté constituée de bourgeois, de négociants et de pêcheurs vit dans la cité.

La Ville-close de Concarneau le soir.

La Ville-close de Concarneau le soir.

La Ville maintenant close devient une place forte de Bretagne et l’enjeu de rivalités entre Anglais et Français, notamment lors la Guerre de Succession de Bretagne pendant laquelle les Anglais, venus au secours de Jean de Montfort, prennent la ville en 1342. En 1373, après trente années d’occupation anglaise, Olivier Du Guesclin reprend la ville pour le compte du roi de France Charles V et chasse les anglais. Au milieu du XVe siècle, le duc de Bretagne Pierre II fait reconstruire la muraille. En 1488, après la Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, la Ville close passe aux mains du roi de France Charles VIII, avant d’être reprise par les Bretons. En 1489, Jean II de Rohan assiège et reprend l’enceinte au nom du roi. Anne de Bretagne, pour contrer l’emprise des Français sur le duché, fait alors appel aux Anglais qui occupent la ville jusqu’en 1495.

Au XVIème siècle, lors des Guerres de religion, la cité est prise par les réformés le 17 janvier 1576 qui mettent à mort la garnison. Mais peu de temps après, ses chefs sont assassinés et la cité reprise avec force par les habitants des paroisses voisines. Le duc de Mercœur rend alors la défense de Concarneau à Louis de Lézonnet, gouverneur de la ville avant sa prise par les protestants, ligueur lui aussi et l’un des premiers nobles bretons à l’avoir soutenu. Henri IV converti au catholicisme en 1593 laisse la gouvernance de la cité à Louis de Lézonnet qui meurt en 1595. Concarneau devient une juridiction royale avec droit de prévôté et l’une des 42 villes de Bretagne à envoyer un député aux États de Bretagne.