Le quai aux engrais

Entre 1865 et 1876, les paysans ne connaissent, pour la plupart, d’autres engrais qu’un mélange d’ajoncs et de genets mis à pourrir avec le fumier des étables.

Le Quai aux engrais.

Le Quai aux engrais.

Après bien des hésitations, certains ont essayé le « grossil », c’est à dire le sable calcaire récolté près des Glénan : les résultats ont été spectaculaires. Quelques chaloupes se sont lancées dans cette « pêche » d’hiver. A marée basse, on échoue sur un banc de sable de l’archipel et on rempli l’embarcation à ras bord.

Les pêcheurs rapportant le précieux engrais, ont pris l’habitude de déposer leur cargaison sur le rivage, au fond de la vasière, derrière la Ville-Close. Il ne peuvent y aborder qu’à marée haute car cette vaste étendue de vingt cinq hectares est complètement découverte à marée basse.

Le long de la rue neuve, un perré de pierre de taille construit en 1767 sur ordre du duc d’Aiguillon sert de soutènement à la chaussée. Fragile, on ne peut y décharger le maërl. On demande donc qu’un emplacement, en prolongement du quai d’Aiguillon soit créé pour le dépôt des engrais marins. Ce n’est qu’en 1865 que le ministre approuve la réalisation du projet. les sabliers disposent donc d’une longueur de 100 mètres pour accoster et d’un remblai de vingt mètres de large pour y déposer leur engrais sur ce qu’est aujourd’hui le Quai Carnot.

Très vite insuffisant, le quai est rallongé. On construit donc un quai de 250 mètres de long se dirigeant vers Beg-a-Lano dans le prolongement du celui de 1865 et l’on vendra les terrains situés en arrières aux riverains avec obligation de les combler en laissant libre le passage.
Tout le monde s’y met et, en 1876, les sabliers disposent de tout l’espace nécessaire avec une largeur de 15 mètres réservée à la circulation et une cale permettant aux charrettes de descendre plus près des bateaux. Le Quai aux engrais était né.