Quartier du Passage

Quartier du PassageComme son nom l’indique, ce quartier était avant la construction d’un pont sur le Moros (1853), fort animé car il constituait le lieu de passage obligé pour se rendre à Concarneau, lorsqu’on venait des villes et villages situés à l’Est.

Les jours de marché, une foule de paysannes et, avant la révolution, d’attelages, se pressait pour prendre le bac. Le rivage formait une anse arrivant presque en haut de la place actuelle (comblée depuis les années 50) et une longue cale rejoignait le bas de la grand-rue. On peut remarquer en bordure du chenal, les rochers entaillés d’escaliers – l’un d’eux appelé « Min ar Laer » était l’endroit où débarquaient les condamnés à la potence.

Sur l’autre rive de Concarneau, face aux murailles de la Ville Close, le Passage-Lanriec appartenant à la commune de Lanriec est entré dans le giron de Concarneau en 1959. Il fut pendant longtemps, enserré par les deux grandes propriétés, celle du manoir du Bois et celle du Porzou.

Depuis le XIXe siècle, ce quartier de pêcheurs et d’ouvrières d’usines a subi de profondes mutations. En raison du développement de la pêche de la sardine puis à celle de la pêche thonière trois usines Ouizille, Vermillard et Cassegrain ont connu la prospérité avant de disparaître dans la douleur avec Sopromer en 1977.

En 1959 Gonidec, le gérant de l’usine Ouizille, située dans une très grande longère se lance avec quelques ouvrières dans la conserverie dans son garage sous la marque des Mouettes d’Arvor et développe une entreprise artisanale réputée pour la qualité de ses conserves. Son fils, Jacques Gonidec, développant la marque, s’est installé dans la zone industrielle de Kersalé.

Les anciens chantiers navals Krebs, Donnard, La SCEN ont construit chaloupes sardiniers et thoniers passant de la construction bois à celle du fer. C’est dans ces chantiers que les frères Piriou se sont formés avant de devenir les constructeurs, fers de lance de l’emploi à Concarneau, pour combien de temps encore.

L’évolution du quartier du Passage continue de connaître de profondes mutations; Depuis une vingtaine d’années, il est devenu un espace résidentiel. La naissance des quartiers voisins, celui du Rouz et du Manoir du Bois a totalement modifié l’ancien village ouvrier. La disparition des commerces de la rue principale Mauduit Duplessis, la banalisation de l’ancienne place du Passage, ont définitivement changé le caractère de ce qui en faisait sa personnalité.

En cette année 2009, il reste encore, face à l’élévateur et au slipway, là où l’usine Cassegrain devenue Sopromer bourdonnait de vie, un espace à l’abandon en attente de projets.

Yvon Le Floc’h.

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